BBI : Vous avez un parcours plutôt atypique pour un tatoueur…

Marco Zilveti : Tout est parti de mon expérience d’ethnoarchéologue ! J’ai eu la chance de participer à deux campagnes d’exploration, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Insulinde. J’ai rencontré des populations traditionnelles qui portent des signes extérieurs à la signification très particulière. Dans ces sociétés, le tatouage a une dimension symbolique, rituelle et personnelle. Je me suis lancé dans cette carrière en septembre 2012, en conciliant mon goût pour la création graphique avec l’art du dessin sur peau.

BBI : Comment définiriez-vous votre style ?

MZ : Il est très personnel, très graphique, mais absolument pas classique ! J’aime beaucoup le style esquissé, avec cette liberté et cette force qui le caractérise. Avant, le tattoo était trop cantonné dans les styles. Beaucoup pensaient qu’il était réservé aux marginaux : les marins, les prisonniers, les gangs. Aujourd’hui, on sort des stéréotypes. En règle générale, je refuse de tatouer selon les effets de mode. Il faut une véritable démarche personnelle.

BBI : Pourquoi exercer à domicile et non dans un salon ?

MZ : Dans les salons ouverts en permanence au public, les tatoueurs ont des horaires assez serrés et beaucoup de pression. J’ai horreur du stress ! Chez moi, je peux prendre le temps d’accueillir le client dans une ambiance intimiste et de travailler sur son histoire, ses envies. Tout se fait à deux avec un véritable échange créatif. Par contre, je possède les mêmes certificats que les salons et un service de récupération des déchets passe à mon domicile après le travail.

BBI : Parlez-nous de votre clientèle…

MZ : Elle s’est faite principalement par le bouche à oreille. Je reçois beaucoup de gens qui habitent aux alentours et qui ont regardé mes travaux sur internet. Certains frappent à ma porte après avoir trouvé mon adresse sur les pages jaunes. Un client a même fait le voyage depuis la Californie pour venir se faire tatouer chez moi…

BBI : Et maintenant, quels sont vos projets ?

MZ : J’aimerais travailler dans un salon privé, pour évoluer tout en gardant les avantages du travail à domicile. C’est très intéressant de voir le tatouage prendre sa place ici, à Boulogne-Billancourt. Cet art se développe dans la ville avec une véritable diversité des styles. Peu importe les goûts, tout le monde peut trouver son bonheur !

Propos recueillis par J.F.
BBI – mai 2016